L' ditorial de l'AFUB

EDITO DU 22 juin 2004 - 18 H

 

la reprise économique
au péril des finances familiales ?

La réforme du crédit gratuit :
le Parlement décidera-t-ïl de sacrifier à l'économie nationale le budget des familles et leur fragile
équilibre ?

       Sûr, la recherche de la croissance passe par une relance de la consommation. Mais cela justifie-t-il les excès qui conduisent à ouvrir les vannes du crédit au risque du surendettement ?

       Après les dernières initiatives gouvernementales annonçant la faculté prochaine de souscrire des prêts à la consommation en donnant en garantie sa maison ou son appartement, voilà que le Parlement est appelé à se prononcer pour une libéralisation du crédit gratuit ! (Proposition de loi "visant à redonner confiance au consommateur", déjà votée en 1ère lecture par l'Assemblée Nationale et le Sénat, à l'initiative de la majorité politique et avec le soutien passif du PS et de l'opposition qui s'abstient ... .)

       Cette réforme vise à lever l'interdiction actuelle de toute publicité du crédit gratuit, ceci hors le lieu de vente (article L 311 -5 du code de la consommation modifié par la loi du 24 janvier 1984).

       Faut-il rappeler que cette réglementation du crédit gratuit a été guidée en 1984 par la volonté de limiter les risques avérés d'endettement liés à un appel commercial trop tapageur ?
Ceci d'autant que ce sont les ménages les plus vulnérables que cible une telle publicité !

       Au demeurant, le consommateur n'ignore pas que la "gratuité" vantée par le professionnel est un leurre puisque l'usager en supporte toujours le coût final...

       Et qu'est-ce qui justifie que les raisons valables en 1984 ne soient plus d'actualité aujourd'hui ?

       La prévention de l'endettement impose le rejet d'une telle proposition dés lors qu'elle n'est accompagnée d'aucune limitation circonstanciée qui en ait réduit le danger et qu'impose pourtant la protection du consommateur.

       L'AFUB constate que la stimulation du développement économique passe non point par l'ouverture des vannes de l'endettement mais par une baisse des taux du crédit à la consommation, ceci de manière à rendre le coût de l'argent plus supportable et donc plus attractif aux consommateurs. A quand un geste fort de Bercy à cet égard ...


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Dernière révision : 25 juillet, 2004