L' ditorial de l'AFUB

EDITO DU 7 mai 2004 - 14 H

Intervention de Nicolas Sarkozy, ministre d'Etat, ministre de l'Economie,
des Finances et de l'Industrie

Conférence de presse du mardi 4 mai 2004

"d'ici quelques jours, ceux qui souscriront des crédits à la consommation durant l'année qui vient pourront en déduire les intérêts de leur impôts dans la limite de 150 euros, correspondant à 600 euros d'intérêts et cela deux années de suite. Cela correspond à un emprunt de 15 000 € sur 2 ans. Les Français seront ainsi aidés dans l'acquisition d'une voiture ou de biens d'équipement de la maison"

SARKO et le crédit …

Sûr que la reprise économique dépend notamment de la consommation et la tentation est sans doute grande d'ouvrir les vannes du crédit pour y contribuer.

Mais l'économie nationale justifie-t-elle de sacrifier le budget des familles et la tranquillité des finances des ménages au risque avéré d'agrandir encore les voies du surendettement ?

Cette équation ne manque pas d'avoir des conséquences pratiques pour le consommateur.

Ainsi, la proposition du député Luc CHATEL qui visait à autoriser totalement la publicité du CREDIT GRATUIT pour favoriser le marché automobile. Au risque de relancer la faillite des ménages, ce qui avait pourtant motivé en 1989 une prohibition de cette même publicité !

De même, est passé à la trappe le projet d'améliorer la protection de l'emprunteur en matière de crédit permanent :

Il visait à subordonner le renouvellement annuel (imposé par l'article L311-9 du Code de la Consommation) à la signature du consommateur, ceci pour mettre un obstacle à la spirale de l'endettement que facilite la reconduction tacite : la Commission des finances de l'Assemblée Nationale a totalement censuré cette amélioration ! (*)

C'est dire qu'apparaît être le moindre mal la carotte fiscale annoncée par Bercy.

Surtout que la mesure ne vise, à vrai dire, que les ménages fortunés : selon l'exemple du ministre, l'échéance mensuelle à rembourser s'élèverait à 625 euros ! La cible visée est évidente : celle des acheteurs potentiels d'automobile ayant les moyens mais qui ne se décident pas encore. Le cadeau fiscal sera supposé leur faciliter le passage à l'acte !

Mais, pour le plus grand nombre, le problème réel, n'est-il pas celui des taux qui demeurent en matière de crédit Conso par trop élevés, sans relation avec le coût de l'argent supporté par les établissements bancaires ?

Plutôt qu'une carotte fiscale, Bercy ne serait-il pas plus inspiré à stimuler dans le domaine des crédits consommations, la concurrence, à l'instar de l'assainissement de l'offre bancaire en crédit immobilier …

(*) Proposition de Loi "tendant a redonner confiance au consommateur" n° 214 votée en première lecture par l'Assemblée Nationale le 11 décembre 2003.

7 mai 2004

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Dernière révision : 25 juillet, 2004