
EDITO DU 11 décembre 2008
Par delà « les sécurités de papier »,
une action sur les taux d’intérêt,
indispensable pour un « crédit socialement responsable »…Christine Lagarde,
et le « crédit révolving » :
une ambition inachevée…
Se félicitant de l’intervention de Madame Lagarde au sujet du « crédit revolving », l’Afub déplore néanmoins le silence du Ministre quant à certaines propositions de l’association formulées lors des consultations et des auditions auxquelles elle a participé.
En particulier, constatant que c’est sur le lieu de vente que sont souvent proposés des « crédits revolving », notamment au travers des « cartes de magasin » ou de « fidélité », l’Afub a toujours dénoncé l’inadaptation de cette formule de prêt et a proposé que soit désormais présentée au consommateur l’alternative de souscrire soit un crédit permanent soit un prêt classique qui serait plus conforme à son besoin réel et beaucoup moins cher (6 à 8 % au lieu de 14 à 20 %).
La vraie réforme,
celle des taux actuellement trop chers !Surtout l’Afub rappelle la nécessité de réduire les taux d’intérêt puisque les « revolvings » sont les prêts les plus chers en France, leur taux ressortant à 15,35 % en moyenne (source Banque de France) et dépassant même en pratique 19 %, contribuant ainsi à l’endettement excessif des ménages.
La réforme gouvernementale ne saurait ignorer le problème du caractère artificiellement élevé de ces taux et doit mettre un terme à la politique de « l’argent cher » pratiquée au détriment des emprunteurs, ceci pour rendre ainsi au consommateur un pouvoir d’achat actuellement écorné.
Face aux prédateurs du crédit,
une efficacité limitée …Au demeurant si les mesures gouvernementales ne visent qu’à renforcer l’information et la transparence, leur efficacité en sera limitée, ne s’agissant alors que de « sécurité de papier » ; En effet, les gardes fous posés dans le passé par le législateur (article L 311-9 du code de la consommation) sont violés de manière répétée par ces établissements et les condamnations par les tribunaux illustrent l’insuffisance, voire l’illusion, de ces supposées mesures de protection (cf « crédit permanent », rubrique « jurisprudence » sur www.afub.org).
D’ailleurs, comment peut-on imaginer raisonnablement que les banquiers abandonnent leurs pratiques de prédateurs, alors même qu’il s’agit des crédits qui leur rapportent le plus :
en matière de « crédit renouvelable », le crime paie pour les banques et les usagers trinquent !L’Afub appelle donc le gouvernement à compléter sa réforme par un dispositif réaliste pour que soit mis efficacement un terme au double piège, orchestré par les banques :
- celui de l’argent trop facile,
- celui de l’argent trop cher.
……………AFUB - Communiqué de presse, le 11 décembre 2008, à 16h00