L' ditorial de l'AFUB

EDITO DU 17 décembre 2004

 

Tarification bancaire
et concurrence :

Quand les usagers en appellent aux gendarmes de Bruxelles …

--------le 17 décembre 2004

Alors que les banques françaises tentent actuellement à Bruxelles de se justifier dans le cadre des poursuites par la Commission Européenne , l'AFUB rappelle que cette procédure fait suite à la plainte déposée par l'organisation en mai 2003 auprès des Services de la Concurrence de la Commission.

Ayant constaté l'impuissance des autorités nationales de contrôle, l'AFUB a dénoncé au gendarme Européen de la Concurrence la nouvelle tarification interbancaire (MERFA) suspecte de procéder d'un véritable abus de puissance économique, cette mesure ne pouvant s'autoriser ni d'une rationalité technique ni d'une logique économique ou financière. Car le dispositif MERFA apparaît surtout comme l'expression d'une réaction des "grandes banques" à l'égard des initiatives concurrentielles de certains petits établissements, français et étrangers, qui, nouveaux sur le marché, promeuvent des offres innovantes.

Le réel objectif poursuivi pour la MERFA n'est-il pas de promouvoir une norme de profitabilité en imposant aux professionnels nouveaux une tarification interbancaire qui constitue un obstacle ou un frein à une réelle concurrence ? Force est alors de constater que le GIE Cartes Bancaires ressortirait de son rôle originaire qui visait à assurer la mise en œuvre des moyens techniques nécessaires à la gestion du système CB. Car la MERFA tend à définir un critère tarifaire ségrégationniste qui ne peut manquer d'influencer l'accès de nouveaux opérateurs sur le marché bancaire.

Alors que l'AFUB déplore qu'en France la concurrence s'exprime exclusivement en acquisition de parts de marché, par fusions-absorptions et par rapprochement des établissements, et non par une rivalité de produits et de prix, la MERFA ne peut que préjudicier aux consommateurs, tant par la limitation qualitative de l'offre bancaire concurrentielle que par le surenchérissement tarifaire qui en résulterait.

Se félicitant des suites données à sa plainte, l'AFUB ne peut que déplorer que la protection des consommateurs français passe par Bruxelles sans trouver un écho utile à Paris, auprès des autorités nationales de contrôle encore une fois impuissantes et paralysées.

AFUB

Jacques Poindron

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Dernière révision : 17 décembre, 2004