L' ditorial de l'AFUB

EDITO DU 22 avril 2003

Le PERP    
  Miroir aux alouettes ?  
    ni populaire ni sécuritaire !
C'est le printemps,  
  la nouvelle épargne arrive !

Sûr, à première vue, il y a de quoi être séduit :

Alors que dans 10 ans la retraite représenterait moins de 55% du dernier salaire, il s'agirait, grâce au PERP, de compléter le revenu amaigri de nos vieux jours.

Cependant, derrière l'objectif déclaré, fort louable, apparaissent les ambitions de l'Etat : ramener sur le chemin de l'épargne longue tous ces français qui se sont détournés de la bourse où ils ont tant perdu ! Ceci de manière à fournir à l'industrie les moyens financiers indispensables au développement …

S'explique ainsi la carotte fiscale destinée à attirer les économies des gros revenus : exonération d'ISF, déductibilité dans la limite maxi de 10% du revenu avec plafonnement à 23 769 € !

Bref, ce n'est pas l'épargne populaire que cible l'Etat. Pour preuve : selon l'exemple fourni par Bercy, la ménagère de 32 ans qui économisera 50 € par mois, commencera à toucher sa rente de 150 € à compter de sa retraite. Mais encore faudrait-il préciser que ce n'est qu'à compter de 70 ans qu'elle fera une affaire rentable : Car de 60 à 70 ans, la rente qui lui sera versée ne sera que la distribution de ses propres économies accumulées pendant 28 ans !

Surtout, alors que les fonds seront bloqués pour vingt, trente ou quarante ans, quelle garantie du maintien du capital, de cette épargne de toute une vie ?

AUCUNE !!!

Certes, la loi a tenté de limiter les risques encourus en optimisant les sécurités pendant les 10 dernières années, celles avant la retraite, ceci pour limiter les moins values, et même les interdire au cours des 2 dernières années.

Mais force est de constater que la Loi n'organise aucune garantie concrète. Elle s'occupe juste de limiter les risques.

C'est admettre qu'ils existent !

Et ils sont bien réels, ceci d'autant que la durée particulièrement longue de la période envisagée expose le patrimoine aux plus grandes incertitudes.

Et ce ne sont pas les discours lénifiants ou nihilistes des banques et assureurs qui rassureront l'épargne populaire échaudée par ses mésaventures récentes !

Le PERP ne fournissait-il pas l'occasion idéale de réconcilier l'individu avec l'épargne longue si chère à l'économie …

22 avril 2004

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Dernière révision : 25 juillet, 2004