L' ditorial de l'AFUB

EDITO DU 9 novembre 2004

 

LA TARIFICATION :
régulation durable
et illusion.

Bercy accouche d'une souris …

            Alors que les consommateurs dénonçaient les appétits tarifaires des banques, force est de constater que les mesures annoncées par Bercy n'endigueront nullement l'inflation des frais et commissions que subissent au quotidien les usagers, sans frein ni limite.

            Car ne sauront ralentir ou arrêter cette situation :

•  ni l'amélioration de l'information ou de la contractualisation qui depuis 4 ans sont les références incantatoires de toutes les interventions gouvernementales.

•  ni même la gratuité des frais de clôture car par delà l'apparence séduisante d'une telle proposition, cela suppose de la part de l'usager une liberté de choix entre les partenaires bancaires que la réalité du quotidien dément, serait-ce parce que la maladie tarifaire concerne tous les établissements.

            Par un replâtrage superficiel, Bercy tourne le dos à toute véritable régulation du marché bancaire qu'exigent pourtant les dérives tarifaires. Car les abus actuels ne sont que la conséquence la plus visible d'une absence de toute réelle concurrence, ceci au détriment des consommateurs mais aussi plus généralement de l'économie nationale.

            Dans ce secteur bancaire où jusqu'à présent la compétition s'exprime essentiellement en parts de marché avec les fusions absorptions et non pas en rivalité de produits, faut-il rappeler qu'un prix est déterminé par la confrontation de l'offre et de la demande, cette confrontation étant arbitrée par une concurrence entre professionnels.

            L'assainissement des pratiques tarifaires passe par la stimulation de la concurrence dans le secteur bancaire et c'est pourquoi l'AFUB conclut à :

•  l'instauration d'une autorité de régulation , à l'instar de l'ART dans les Télécoms, ceci pour assurer la mise en place réelle et concrète d'un véritable marché concurrentiel et plus transparent ;

•  la publication périodique d'un "panier bancaire de la ménagère" , à l'instar de la publication trimestrielle des taux d'intérêts par la Banque de France. Nul n'ignore les conséquences concurrentielles entre professionnels qui en ont résulté quant à l'offre bancaire, notamment en matière de crédit immobilier. Les relevés de prix doivent porter sur un échantillonnage des services les plus courants et seraient exprimés soit globalement soit pour chaque banque dépositaire de plus de 100.000 comptes.

            Le Ministère de l'Economie et des Finances osera-t-il la concurrence. Ou à la protection des consommateurs et de l'économie durable, préfère-t-il la défense du "pré carré bancaire" et la "situation de place" ?

            L'attitude du Ministère, à ce sujet, vient d'être mise en cause par les autorités de l'Union Européenne dans le dossier des comptes rémunérés tout comme dans celui du GIE Cartes Bancaires à la suite de la plainte de l'AFUB.

Bercy entendra-t-il la leçon ou continuera-t-il à jouer les "illusionnistes".

AFUB le 9 novembre 2004

Retour à la page précédente

www.afub.org © 1999/2018 AFUB
Tous droits réservés, reproduction partielle ou totale interdite sans l'avis préalable de l'auteur
Dernière révision : 9 novembre, 2004