Votre employeur vous propose un PER collectif, votre banque vous vante son PER individuel, et vous ne savez pas lequel privilégier. Bonne nouvelle : les deux ne s’opposent pas. Ils répondent à des logiques différentes, et le bon choix dépend surtout de votre statut, salarié ou indépendant, et de ce que votre entreprise met sur la table.
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Un même PER, trois produits distincts
Depuis la loi PACTE du 22 mai 2019, l’épargne retraite par capitalisation est réunie sous une enveloppe unique, le plan d’épargne retraite. Elle se décline en trois produits : le PER individuel, que l’on ouvre soi-même auprès d’un assureur, d’une mutuelle ou d’une banque ; le PER d’entreprise collectif, qui a remplacé le Perco ; et le PER d’entreprise obligatoire, successeur des contrats dits « article 83 ».
Tous partagent la même architecture en trois compartiments : les versements volontaires, l’épargne salariale (participation, intéressement, abondement) et les cotisations obligatoires. C’est ce qui permet de passer d’un plan à l’autre sans perdre l’origine des sommes, ni donc leur fiscalité.
Ce que le PER d’entreprise vous apporte
Le PER collectif est mis en place par l’employeur au profit de l’ensemble des salariés, avec au plus trois mois d’ancienneté exigés. Son principal atout est l’abondement : l’entreprise peut compléter vos versements jusqu’à trois fois leur montant, dans une limite annuelle fixée par la loi. C’est un apport que vous ne retrouverez sur aucun placement personnel.
Vous pouvez aussi y affecter votre participation et votre intéressement. Ces sommes échappent alors à l’impôt sur le revenu, et leur sortie en capital à la retraite reste exonérée d’impôt, seuls les gains supportant les prélèvements sociaux.
Le PER obligatoire, lui, couvre tous les salariés ou une catégorie d’entre eux, souvent les cadres. L’employeur y verse des cotisations fixées à l’avance, parfois complétées par une part salariale. Contrepartie : ces sommes ne peuvent sortir qu’en rente viagère, sauf si la rente obtenue est très faible.
Le PER individuel, la liberté et souvent la seule option des indépendants
Le PER individuel s’ouvre sans passer par l’employeur, chez l’établissement de son choix. Il ne reçoit directement que des versements volontaires, libres ou programmés, que l’on peut déduire de son revenu imposable ; l’épargne salariale et les cotisations obligatoires n’y arrivent que par transfert d’un plan d’entreprise. Il existe sous forme de contrat d’assurance, seul à donner accès au fonds en euros, ou de compte-titres.
Pour un artisan, un commerçant ou un professionnel libéral sans salarié, la question du choix ne se pose guère : un PER collectif suppose au moins un salarié en plus du dirigeant. Le PER individuel comme celui de mutuelle-medicis.com devient alors l’outil naturel, avec un atout de taille pour les travailleurs non salariés : la possibilité de déduire les versements de leur bénéfice professionnel, dans une enveloppe bien plus large que celle des salariés. En 2026, elle combine 10 % du bénéfice et 15 % de sa fraction comprise entre un et huit plafonds annuels de la Sécurité sociale, jusqu’à 88 911 €.
À l’inverse, le dirigeant d’une entreprise de 1 à 250 salariés peut adhérer au PER collectif qu’il met en place pour son équipe, et bénéficier lui aussi de l’abondement.
Cumuler les deux : oui, avec un plafond à surveiller
Rien n’interdit de détenir un PER d’entreprise et un ou plusieurs PER individuels. Le point de vigilance est fiscal. Pour un salarié, les versements volontaires sont déductibles dans la limite d’un plafond épargne retraite égal à 10 % des revenus professionnels de l’année précédente ; pour les versements de 2026, il va de 4 710 € à 37 680 €.
Ce plafond est réduit de l’abondement de l’employeur et des cotisations versées sur un PER obligatoire. Autrement dit, plus votre entreprise contribue, moins il vous reste de marge de déduction sur un PER individuel. Le montant disponible figure sur votre avis d’impôt, à la rubrique « Plafond épargne retraite ».
Trois règles récentes valent pour tous les PER : les plafonds non utilisés se reportent désormais sur cinq ans au lieu de trois, les versements effectués à partir de 70 ans ne sont plus déductibles, et les prélèvements sociaux sur les gains sont passés à 18,6 %.
Passer d’un plan à l’autre
Le PER individuel se transfère à tout moment vers un autre PER. Le PER collectif aussi, une fois l’entreprise quittée ; tant que vous y êtes salarié, le transfert reste possible, mais une fois tous les trois ans seulement. Le PER obligatoire, en revanche, ne se transfère qu’après votre départ. Dans tous les cas, les frais sont plafonnés à 1 % de l’épargne si le plan a moins de cinq ans, et nuls au-delà.
Par quoi commencer
Si votre employeur abonde, commencez par le PER collectif, au moins jusqu’au montant qui déclenche l’abondement maximal : aucun placement n’offre un rendement immédiat comparable. Le PER individuel vient ensuite, pour épargner au-delà, choisir librement ses supports ou garder un plan qui vous suivra toute votre carrière.
Avant de vous engager, prenez le temps d’estimer le montant de votre future retraite : c’est l’écart avec vos besoins qui détermine l’effort à fournir. Et si votre situation mêle plusieurs plans, des revenus fluctuants ou un statut d’indépendant, l’avis d’un conseiller en gestion de patrimoine peut vous éviter de mal utiliser vos plafonds.
Questions fréquentes
Peut-on avoir plusieurs PER individuels ?
Oui, sans limite de nombre. En revanche, le plafond de déduction est global : il s’applique à l’ensemble de vos versements volontaires, tous plans confondus.
Un indépendant peut-il ouvrir un PER collectif ?
Oui, s’il emploie au moins un salarié et jusqu’à 250. Sans salarié, il se tourne vers le PER individuel, qui lui offre en contrepartie la déduction sur son bénéfice professionnel.
Mon conjoint peut-il me faire profiter de son plafond ?
Oui. Les couples soumis à une imposition commune peuvent mutualiser leurs plafonds : l’un peut utiliser la part non consommée par l’autre.
