Fonds euros, Livret A, LDDS, LEP, mais aussi livrets boostés et comptes rémunérés des néobanques : tous ces placements ont un point commun, la garantie du capital. Mais ils ne se valent pas pour autant, ni en rendement réel, ni en plafond, ni en fiscalité. Voici comment les départager, et surtout comment les combiner intelligemment.

Les taux en vigueur en 2026

Depuis le 1er août 2026, le Livret A et le LDDS servent 1,7 %, contre 1,5 % depuis février. Le LEP, lui, se maintient à 2,5 %, un niveau nettement plus attractif mais réservé aux épargnants sous conditions de revenus.

De son côté, le fonds euros a servi en moyenne environ 2,6 % en 2025, avec de forts écarts d’un contrat à l’autre : les meilleurs dépassent 3 %, les moins performants restent sous 2 %.

Quant aux livrets bancaires non réglementés — livrets boostés des banques en ligne, comptes rémunérés de type Revolut ou Trade Republic — ils affichent les taux les plus spectaculaires du marché, jusqu’à 5 % et plus. Mais ces chiffres méritent un examen attentif, car ils ne sont ni nets d’impôt, ni durables.

Le comparatif en un coup d’œil

Fonds euros Livret A / LDDS LEP Livret boosté / compte rémunéré
Taux affiché ~2,6 % (moyenne 2025) 1,7 % 2,5 % 2 % à 5,5 % selon les offres
Taux net d’impôt ~2,15 % 1,7 % 2,5 % environ 1,4 % à 3,8 %
Fiscalité Prélèvements sociaux 17,2 % + impôt selon l’ancienneté Aucune Aucune PFU 31,4 %
Plafond de versement Aucun 22 950 € / 12 000 € 10 000 € Élevé, souvent plusieurs centaines de milliers d’euros
Durée du taux Annuelle, révisée chaque année Révisé au 1er février et au 1er août Révisé au 1er février et au 1er août Taux promotionnel de 2 à 6 mois, puis taux de base bien plus bas
Disponibilité Quelques jours à quelques semaines Immédiate Immédiate Immédiate
Conditions d’accès Aucune Aucune Sous conditions de revenus Aucune

La fiscalité, le vrai facteur de bascule

C’est le point le plus souvent négligé dans les comparaisons de taux, et il s’est encore accentué en 2026.

Le Livret A, le LDDS et le LEP sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux : leur taux affiché est bien celui que l’épargnant touche.

Le fonds euros supporte chaque année les prélèvements sociaux sur les intérêts crédités, auxquels s’ajoute une imposition sur le revenu au moment d’un rachat : la fiscalité de l’assurance-vie est d’autant plus douce que le contrat est ancien, avec un abattement annuel et un taux réduit au-delà de huit ans. Bonne nouvelle pour les épargnants : l’assurance-vie a été épargnée par la hausse de la CSG entrée en vigueur au 1er janvier 2026 et reste taxée à 17,2 %, quand la plupart des autres revenus du capital sont passés à 18,6 %. Un fonds euros à 2,6 % brut revient ainsi à environ 2,15 % après prélèvements sociaux.

Les livrets bancaires non réglementés, eux, subissent le prélèvement forfaitaire unique dans sa version 2026 : 12,8 % d’impôt sur le revenu plus 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % au total. Un livret affiché à 3 % ne rapporte donc en réalité que 2,06 % net, et un taux promotionnel à 5,25 % tombe à environ 3,6 % net.

Livrets boostés et comptes rémunérés : ce qu’il faut regarder au-delà du taux

Ces offres se sont multipliées et peuvent être intéressantes, à condition de lire les conditions en entier. Trois points méritent attention.

La durée du taux promotionnel

C’est le principal piège. Un livret boosté affiche un taux élevé pendant deux à six mois seulement, avant de basculer sur un taux de base souvent très inférieur. Sur douze mois, le rendement moyen réel est donc bien plus faible que le taux d’appel affiché. Chez Revolut par exemple, l’offre à 5,25 % ne court que 120 jours et sur 25 000 € maximum ; passé ce délai, le taux standard dépend de la formule d’abonnement et redescend souvent nettement. Chez Trade Republic, la rémunération des liquidités s’établit autour de 2,25 %, avec des taux promotionnels ponctuels pour les nouveaux clients.

Le plafond concerné par le taux boosté

Le taux d’appel ne s’applique presque jamais à l’intégralité du solde : il est fréquemment limité à quelques dizaines de milliers d’euros, voire à quelques centaines d’euros pour certaines formules d’entrée de gamme.

La garantie des dépôts et le pays de l’établissement

Les dépôts bancaires sont garantis à hauteur de 100 000 € par déposant et par établissement, mais pas toujours par le fonds français. Revolut relève du système de garantie lituanien, Trade Republic du dispositif allemand. La protection reste équivalente sur le papier, puisqu’elle découle d’une réglementation européenne harmonisée, mais les démarches en cas de défaillance passeraient par un organisme étranger — un point à connaître avant d’y placer une somme importante.

Le LEP : le meilleur rendement, mais pour qui ?

Le LEP reste, pour les foyers éligibles, le placement sécurisé le plus rentable du marché une fois la fiscalité prise en compte : 2,5 % nets, sans aucun impôt ni prélèvement social. Son accès dépend du revenu fiscal de référence : en 2026, il faut ne pas dépasser environ 23 028 € pour une part fiscale, seuil relevé en fonction du nombre de parts du foyer. Son plafond de 10 000 € limite en revanche les montants concernés : c’est un excellent socle, pas une solution pour une épargne importante.

Les plafonds : là où le fonds euros reprend l’avantage

Livret A, LDDS et LEP cumulés plafonnent à environ 45 000 € de versements par personne. Au-delà, il faut bien placer son épargne ailleurs — et c’est là que le fonds euros trouve sa place, puisqu’il n’est soumis à aucun plafond de versement. À cela s’ajoute l’avantage fiscal de l’assurance-vie sur la durée (abattement annuel après 8 ans) et son régime successoral spécifique, qui n’ont aucun équivalent sur les livrets, réglementés ou non.

La disponibilité de l’épargne

Sur un livret, réglementé ou bancaire, l’argent est disponible immédiatement, par simple virement. Sur un contrat d’assurance-vie, un rachat prend en général quelques jours à quelques semaines selon l’assureur. S’ajoute un point souvent mis en avant : le dispositif de la loi Sapin 2, qui permettrait en cas de crise financière grave de limiter temporairement les rachats — un mécanisme jamais activé à ce jour, mais qui n’existe pas sur les livrets bancaires.

Comment les combiner ?

Dans la pratique, ces placements ne s’opposent pas : ils se superposent, dans un ordre assez logique.

Le LEP d’abord, pour ceux qui y sont éligibles : meilleur taux net, et plafond vite atteint. Le Livret A et le LDDS ensuite, pour constituer une épargne de précaution immédiatement disponible — l’équivalent de trois à six mois de dépenses est un repère souvent cité. Le fonds euros pour la part de l’épargne qui dépasse ces plafonds ou qui vise un horizon plus long, où la fiscalité de l’assurance-vie après 8 ans et l’absence de plafond deviennent des atouts réels.

Quant aux livrets boostés et comptes rémunérés, ils ont une utilité bien précise : placer une somme importante sur quelques mois, en attente d’un projet ou d’un investissement (apport immobilier, travaux, versement à venir sur un contrat). Sur cet usage court, ils sont difficiles à battre. En revanche, les considérer comme une solution d’épargne durable expose à une double déception : la fin du taux d’appel et une fiscalité à 31,4 %.

FAQ

Le fonds euros rapporte-t-il plus que le Livret A ?

En moyenne oui (environ 2,15 % net contre 1,7 % pour le Livret A), mais l’écart dépend beaucoup de la qualité du contrat : un fonds euros peu performant à 1,8 % brut passe sous le Livret A une fois les prélèvements sociaux déduits.

Un livret boosté à 5 % est-il vraiment plus rentable ?

Sur la durée de la promotion uniquement, et après application du PFU de 31,4 %. Un taux d’appel de 5 % sur trois mois, suivi d’un taux de base à 1 %, revient à environ 2 % brut sur l’année, soit moins de 1,4 % net.

Peut-on cumuler Livret A, LDDS, LEP, livret bancaire et assurance-vie ?

Oui, sans restriction. On ne peut détenir qu’un seul livret réglementé de chaque type, mais le nombre de livrets bancaires et de contrats d’assurance-vie n’est pas limité.

L’argent est-il aussi sûr sur un fonds euros que sur un livret bancaire ?

Les deux offrent une garantie du capital, mais via des mécanismes différents : les dépôts bancaires sont garantis jusqu’à 100 000 € par établissement, l’assurance-vie jusqu’à 70 000 € par assureur via le FGAP.

Que se passe-t-il quand le plafond du Livret A est atteint ?

Les intérêts continuent d’être versés et peuvent porter le solde au-delà du plafond, mais aucun nouveau versement volontaire n’est possible. C’est souvent le moment de basculer l’épargne excédentaire vers un fonds euros ou un livret bancaire.

À propos de l'auteur

Frédérique

Rédactrice web depuis plusieurs années, je suis fortement intéressée par le domaine de la finance et de la banque. Sujet aussi vaste que passionnant, il me semble essentiel que les gens puissent être informés de leurs droits dans ce domaine.