Un contrat d’assurance-vie multisupport propose presque toujours les deux mêmes familles de supports : le fonds euros, sécurisé, et les unités de compte (UC), plus dynamiques mais sans garantie. Faut-il privilégier l’un, l’autre, ou construire un savant dosage des deux ? Voici comment raisonner selon votre profil et votre horizon de placement.
Contenus
Deux logiques opposées
Le fonds euros fonctionne sur le principe de la garantie : le capital versé, augmenté des intérêts déjà acquis, ne peut en principe pas être perdu. Les unités de compte, elles, suivent la valeur de supports financiers sous-jacents (actions, obligations, immobilier, fonds diversifiés…) : leur valeur peut monter comme baisser, sans garantie de l’assureur. C’est cette différence de nature qui structure tout l’arbitrage entre les deux.
La sécurité du capital : l’avantage du fonds euros
Pour une épargne que l’on ne veut pas voir fondre, en particulier sur un horizon court ou pour une somme dont on pourrait avoir besoin rapidement, le fonds euros reste la référence. C’est également le support à privilégier pour la partie de son épargne qui joue un rôle de matelas de sécurité, indépendamment des cycles boursiers.
Cette sécurité a toutefois un coût : le rendement moyen du fonds euros s’est établi autour de 2,6 % en 2025, un niveau honorable comparé aux années précédentes mais qui peine, certaines années, à dépasser nettement l’inflation.
Le potentiel de performance : l’avantage des unités de compte
Sur la même année 2025, les unités de compte ont affiché une performance nette moyenne de 4,7 %, un niveau que le secteur a qualifié d’exceptionnel, avec une collecte record sur ce type de support. Sur longue durée, les UC investies en actions ont historiquement surperformé le fonds euros, ce qui en fait un outil pertinent pour une épargne longue (retraite, transmission, projet à plus de 8-10 ans).
Cette performance potentielle a une contrepartie directe : le capital n’est pas garanti. Une baisse des marchés se traduit immédiatement par une baisse de la valeur du contrat, sans mécanisme d’effet cliquet comme sur le fonds euros.
Une fiscalité identique, des frais parfois différents
Bonne nouvelle : la fiscalité de l’assurance-vie ne dépend pas du support choisi. Qu’il s’agisse de gains issus du fonds euros ou des unités de compte, les règles d’imposition en cas de rachat (abattement après 8 ans, prélèvement forfaitaire unique ou barème progressif) sont identiques.
En revanche, les frais peuvent différer sensiblement : les unités de compte supportent souvent des frais de gestion plus élevés que le fonds euros, auxquels peuvent s’ajouter les frais propres au support sous-jacent (frais de gestion d’un fonds, par exemple). Ce point mérite d’être vérifié contrat par contrat avant de faire un choix, car il vient directement réduire la performance affichée.
Comment répartir son épargne selon son profil ?
Il n’existe pas de répartition universelle entre fonds euros et unités de compte : tout dépend de l’horizon de placement, de la tolérance au risque et des objectifs de chacun.
Pour une épargne de précaution ou un horizon inférieur à 5 ans, le fonds euros reste généralement le support le plus adapté, quitte à accepter un rendement modéré en échange de la tranquillité. Pour une épargne longue (plus de 8-10 ans), une part croissante d’unités de compte permet de viser un meilleur rendement, le temps jouant en faveur du lissage des à-coups boursiers. Entre les deux, une répartition mixte, ajustée progressivement à mesure que l’échéance approche, est souvent la solution la plus équilibrée.
Deux modes de gestion permettent de mettre cela en pratique : la gestion libre, où l’épargnant choisit lui-même sa répartition et ses arbitrages, et la gestion pilotée, où cette répartition est déléguée à un professionnel selon un profil de risque défini à l’avance. Notre glossaire de l’assurance-vie détaille ces notions ainsi que les autres termes techniques du contrat.
Faut-il tout miser sur un seul support ?
Rarement. Concentrer toute son épargne sur le seul fonds euros expose à un rendement structurellement limité sur longue durée, alors que tout miser sur les unités de compte expose sa totalité aux variations des marchés, y compris à un mauvais moment pour un rachat imprévu. La combinaison des deux, ajustée dans le temps, permet en général de mieux concilier sécurité et performance qu’un choix exclusif.
FAQ
Peut-on perdre de l’argent avec des unités de compte ?
Oui : contrairement au fonds euros, les UC ne bénéficient d’aucune garantie en capital. Leur valeur suit celle des supports sous-jacents et peut baisser.
Peut-on changer de répartition en cours de contrat ?
Oui, via un arbitrage : il est possible de transférer tout ou partie de l’épargne du fonds euros vers des unités de compte, ou inversement, sans clôturer le contrat ni perdre son antériorité fiscale.
Les unités de compte sont-elles plus taxées que le fonds euros ?
Non, la fiscalité à la sortie est la même quel que soit le support. Seuls les frais de gestion peuvent différer d’un support à l’autre.
Quelle part d’unités de compte est raisonnable ?
Cela dépend surtout de l’horizon de placement et de la tolérance au risque de chacun : plus l’horizon est long, plus une part significative d’UC peut se justifier, à ajuster ensuite à mesure que l’échéance se rapproche.
Le fonds euros est-il obligatoire dans un contrat d’assurance-vie ?
Non : certains contrats, dits monosupport UC, ne proposent que des unités de compte. La plupart des contrats multisupports incluent toutefois un fonds euros parmi les options disponibles.
