Le plan d’épargne en actions (PEA) est l’une des enveloppes les plus avantageuses pour investir en Bourse, à condition d’en maîtriser la mécanique fiscale. Celle-ci ne se joue pas au moment où vous investissez, mais lorsque vous retirez votre argent, et elle dépend étroitement de la durée de détention du plan. Depuis le 1er janvier 2026, un changement important est venu alourdir la note à la sortie : la hausse des prélèvements sociaux. Voici ce qu’il faut comprendre pour retirer au bon moment.

Pendant la vie du plan, aucune imposition sans retrait

Tant que vous n’effectuez aucun retrait, votre PEA vit en franchise d’impôt. Les dividendes encaissés et les plus-values réalisées lors de vos arbitrages internes, c’est à dire lorsque vous vendez un titre pour en acheter un autre à l’intérieur de l’enveloppe, ne sont pas imposés année après année. Ils sont simplement capitalisés dans le plan. C’est le principal atout du PEA : vos gains travaillent sans friction fiscale, ce qui amplifie l’effet des intérêts composés sur le long terme. Cette souplesse vous laisse libre de faire évoluer votre sélection d’actions du PEA en 2026 au gré des marchés, sans que ces mouvements internes ne soient imposés. L’imposition n’intervient qu’au moment du retrait, et seulement sur la part de gain contenue dans la somme retirée, jamais sur le capital que vous avez versé.

Le cap des 5 ans, la ligne de partage fiscale

La fiscalité du PEA bascule au cinquième anniversaire du plan. Cette ancienneté se calcule à partir de la date de votre premier versement, et non de la date d’ouverture administrative du compte.

Un retrait avant 5 ans

Un retrait avant 5 ans entraîne en principe la clôture du plan. Le gain net réalisé depuis l’ouverture est alors soumis au prélèvement forfaitaire unique, la flat tax, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, ce qui porte le taux global à 31,4 % en 2026. Vous pouvez, sur option, préférer le barème progressif de l’impôt sur le revenu si votre taux marginal est faible. Quelques situations autorisent toutefois un retrait anticipé sans perdre l’avantage fiscal : licenciement, invalidité, mise à la retraite anticipée du titulaire ou de son conjoint, ainsi que la création ou la reprise d’une entreprise.

Un retrait après 5 ans

Passé ce cap, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux restent dus. Depuis la loi Pacte de 2019, un retrait partiel après 5 ans n’entraîne plus la clôture du plan : vous conservez votre enveloppe, son antériorité fiscale, et vous pouvez même continuer à verser par la suite, dans la limite du plafond de 150 000 €. Vous récupérez ainsi une réelle souplesse, en piochant dans votre PEA au fil de vos besoins tout en laissant le reste investi.

La hausse des prélèvements sociaux depuis 2026

C’est le changement à retenir. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Mécaniquement, les prélèvements sociaux applicables au PEA passent de 17,2 % à 18,6 %, soit 1,4 point de plus, depuis le 1er janvier 2026. Ce taux de 18,6 % regroupe la CSG (10,6 %), la CRDS (0,5 %) et le prélèvement de solidarité (7,5 %).

Deux précisions comptent pour vos retraits. D’abord, cette hausse s’applique aussi bien avant qu’après 5 ans : l’exonération acquise au bout de 5 ans ne porte que sur l’impôt sur le revenu, jamais sur les prélèvements sociaux. Ensuite, pour la plupart des plans, c’est le taux en vigueur le jour du retrait qui s’applique, y compris sur les plus-values accumulées avant 2026. Concrètement, sur 100 000 € de gains retirés, la facture sociale augmente de 1 400 € par rapport à 2025. Bon à savoir, l’assurance-vie conserve de son côté un taux de 17,2 %, ce qui crée un écart à surveiller entre les deux enveloppes.

La sortie en rente viagère, une piste pour la retraite

Passé 5 ans, un PEA assurance peut être dénoué sous forme de rente viagère. Cette rente est exonérée d’impôt sur le revenu, et les prélèvements sociaux ne s’appliquent que sur une fraction de son montant, déterminée par votre âge au moment où vous commencez à la percevoir, par exemple 40 % entre 60 et 69 ans. Cette option transforme votre capital en revenu régulier à vie, mais elle est définitive et met fin au plan, contrairement au simple retrait partiel en capital.

Questions fréquentes

Faut-il déclarer son PEA chaque année ?

Non, tant que vous n’effectuez aucun retrait. Les gains capitalisés dans le plan ne génèrent ni imposition ni obligation déclarative annuelle.

Les PEA les plus anciens sont-ils concernés par la hausse ?

Pour certains plans anciens, une règle dite des taux historiques peut s’appliquer aux gains constatés avant 2018, avec un calcul année par année selon le taux en vigueur à l’époque. Ensuite, c’est le taux du jour du retrait, soit 18,6 %, qui prévaut.

Le retrait après 5 ans ferme-t-il le plan ?

Non pour un retrait partiel, depuis la loi Pacte. En revanche, un retrait total ou une sortie en rente viagère met fin au plan.

Le plafond du PEA a-t-il changé ?

Non, il reste fixé à 150 000 € de versements pour un PEA classique. Si vous détenez aussi un PEA-PME, le cumul des versements sur les deux plans ne peut pas dépasser 225 000 €.

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À propos de l'auteur

Frédérique

Rédactrice web depuis plusieurs années, je suis fortement intéressée par le domaine de la finance et de la banque. Sujet aussi vaste que passionnant, il me semble essentiel que les gens puissent être informés de leurs droits dans ce domaine.