L’épargne sans risque a changé de visage en 2026. Le Livret A est remonté à 1,70 % au 1er août, le LEP conserve son taux de 2,50 % et les fonds euros de l’assurance-vie ont servi en moyenne 2,63 % en 2025. Entre une fiscalité qui évolue et des rendements qui se resserrent, voici comment choisir les placements qui protègent votre capital sans le laisser s’éroder.

Placement sans risque : de quoi parle-t-on ?

Un placement est dit sans risque lorsque le capital investi est garanti : vous ne pouvez pas récupérer moins que ce que vous avez versé. Les dépôts bancaires sont couverts par le FGDR jusqu’à 100 000 € par client et par banque ; les contrats d’assurance-vie, par le FGAP, jusqu’à 70 000 € par assuré et par assureur.

Le seul vrai risque reste l’inflation, d’environ 1,5 % au premier semestre 2026 : un placement qui rapporte moins vous fait perdre du pouvoir d’achat, même si votre capital reste intact.

Les livrets réglementés, socle de l’épargne de précaution

Depuis le 1er août 2026, le Livret A et le LDDS rapportent 1,70 %, contre 1,50 % au semestre précédent. Leurs intérêts sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, et l’argent reste disponible à tout moment, sans frais.

Le LEP demeure le livret le plus rémunérateur : le gouvernement l’a maintenu à 2,50 % alors que la formule l’aurait ramené à 2,20 %. Réservé aux foyers sous un plafond de revenu fiscal de référence, c’est le premier livret à remplir si vous y avez droit. Les moins de 25 ans disposent aussi du Livret Jeune, rémunéré au moins comme le Livret A.

Livret Taux net au 1er août 2026 Plafond de dépôt
LEP 2,50 % 10 000 €
Livret A 1,70 % 22 950 €
LDDS 1,70 % 12 000 €
Livret Jeune 1,70 % minimum 1 600 €

Les fonds euros de l’assurance-vie, le placement garanti le plus rentable

Le fonds euros est le compartiment sécurisé d’un contrat d’assurance-vie. L’assureur garantit le capital versé et, grâce à l’effet cliquet, les intérêts crédités chaque année sont définitivement acquis. Investi surtout en obligations, son rendement suit avec retard l’évolution des taux longs. Pour en comprendre tous les ressorts, consultez notre guide sur le fonctionnement des fonds euros.

Selon le rapport annuel de l’ACPR publié fin juin 2026, le rendement moyen des fonds euros s’est établi à 2,63 % en 2025, quasi identique à 2024, contre environ 2,2 % en moyenne pour le Livret A sur l’année. Les écarts entre contrats restent importants : certains fonds ont dépassé 3,5 %. Ces taux s’entendent nets de frais de gestion mais avant prélèvements sociaux.

La fiscalité joue en faveur de l’assurance-vie cette année. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a porté les prélèvements sociaux à 18,6 % sur la plupart des revenus du capital, mais les contrats d’assurance-vie ont été explicitement exclus de cette hausse et restent à 17,2 %. Concrètement, un fonds euros à 2,63 % rapporte environ 2,18 % après prélèvements sociaux. Après huit ans de détention, les gains retirés profitent en outre d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple sur l’impôt sur le revenu.

Quelques points méritent votre attention avant de souscrire :

  • les frais sur versements, qui peuvent atteindre plusieurs pourcents dans les réseaux bancaires et amputent directement le capital ; les contrats en ligne en sont généralement dépourvus ;
  • les fonds euros « boostés », dont le bonus de rendement est souvent conditionné à une part minimale d’unités de compte, qui ne sont pas garanties ;
  • la loi Sapin 2, qui permet au Haut Conseil de stabilité financière de limiter temporairement les retraits en cas de crise grave ;
  • les réserves des assureurs, en baisse à 3,7 % des encours fin 2025 contre 4 % un an plus tôt, ce qui réduit leur marge pour lisser les rendements à venir.

Pour arbitrer entre ces différentes solutions selon votre situation, notre comparatif entre fonds euros, Livret A, LEP et livret boosté détaille les avantages et les contraintes de chacun.

Comptes à terme, livrets bancaires et PEL : des compléments

Les livrets bancaires attirent souvent avec des taux promotionnels de quelques mois, avant de revenir à un taux de base modeste ; leurs intérêts subissent le prélèvement forfaitaire unique, désormais de 31,4 %. Le compte à terme, soumis à la même fiscalité, offre un taux fixe connu à l’avance et convient à une somme dont vous connaissez la date d’utilisation. Le PEL ouvert en 2026 rapporte 2 % brut, figé jusqu’à quinze ans, mais impose 540 € de versements annuels et se clôture au premier retrait : il se justifie surtout pour un projet immobilier.

Comment répartir son épargne sans risque en 2026

Constituez d’abord une épargne de précaution de trois à six mois de dépenses, en commençant par le LEP si vous y êtes éligible, puis le Livret A et le LDDS. Au-delà, l’argent dont vous n’aurez pas besoin avant plusieurs années trouve sa place dans un fonds euros, dont l’antériorité fiscale démarre dès l’ouverture du contrat.

Si vous envisagez d’accepter une part de risque sur une fraction de votre patrimoine, ce panorama sur où placer son argent en 2026 présente aussi des solutions au rendement potentiel plus élevé, en contrepartie d’un risque de perte en capital. La règle reste la même : ne jamais exposer l’argent dont vous pourriez avoir besoin à court terme.

Questions fréquentes

Quel est le placement sans risque le plus rentable en 2026 ?

Si vous y êtes éligible, le LEP à 2,50 % net est imbattable. À défaut, un bon fonds euros rapporte en moyenne davantage que le Livret A, mais il est fiscalisé et s’envisage sur plusieurs années.

Peut-on perdre de l’argent sur un fonds euros ?

Non, le capital et les intérêts acquis sont garantis par l’assureur ; seuls les frais sur versements réduisent la somme placée. En cas de défaillance de l’assureur, le FGAP protège l’épargne jusqu’à 70 000 € par assuré.

Faut-il laisser son argent sur le Livret A ?

Oui pour l’épargne de précaution, grâce à sa disponibilité et à son exonération fiscale. Au-delà, son rendement à peine supérieur à l’inflation justifie de placer le surplus sur un fonds euros.

À propos de l'auteur

Frédérique

Rédactrice web depuis plusieurs années, je suis fortement intéressée par le domaine de la finance et de la banque. Sujet aussi vaste que passionnant, il me semble essentiel que les gens puissent être informés de leurs droits dans ce domaine.