Assurance auto : dans quels cas devrez-vous payer une franchise ?

S’il y a bien un terme que l’on retrouve systématiquement dans un contrat d’assurance auto, c’est celui de franchise. Pourtant, beaucoup d’automobilistes en ignorent les implications concrètes. En cas de sinistre, elle peut représenter un coût non négligeable, même lorsque l’on est bien assuré. La franchise de l’assurance auto correspond en effet à la part des réparations qui reste à votre charge, sauf exceptions prévues au contrat. Elle peut être fixe, proportionnelle, voire supprimée selon les garanties choisies.

Mieux vaut donc savoir dans quels cas précis elle s’applique. Pour vous aider à y voir plus clair, voici 6 exemples concrets où la franchise entre en jeu, du plus classique au plus inattendu.

Premier cas : collision responsable – une application typique

Vous roulez tranquillement en ville quand, par inattention, vous emboutissez l’arrière d’un autre véhicule à un feu rouge. Même pour des dégâts mineurs, votre responsabilité étant engagée, l’assureur indemnisera le tiers. En revanche, une franchise sera déduite de l’indemnisation versée pour votre propre véhicule, si vous êtes couvert en tous risques.

C’est l’un des cas les plus fréquents où la franchise s’applique : lorsqu’un conducteur est reconnu en tort dans un accident. Selon les contrats, son montant peut varier de quelques dizaines à plusieurs centaines d’euros. Et contrairement à une idée reçue, elle s’applique même si vous avez un bonus élevé, car le bonus agit sur la prime, pas sur la franchise.

D’où l’importance de bien connaître les modalités prévues dans votre contrat, notamment la nature de la franchise (absolue, relative, ou rachetée via une option complémentaire).

Deuxième cas : vandalisme non identifié – quand l’enquête change tout

Imaginez : vous retrouvez votre voiture rayée sur toute la portière ou les vitres brisées au retour d’une soirée. Aucun témoin, aucune caméra, aucun mot laissé sur le pare-brise. Dans ce type de situation, la prise en charge par l’assurance auto dépend entièrement du niveau de couverture choisi.

Si vous êtes assuré tous risques ou avez souscrit une garantie vandalisme spécifique, les réparations pourront être couvertes. Toutefois, en l’absence d’un responsable identifié, la franchise reste généralement à votre charge. C’est une situation frustrante mais courante, car l’assurance ne peut pas se retourner contre un tiers pour récupérer les frais.

Certains contrats prévoient des conditions plus favorables, notamment si une plainte a été déposée ou si un constat de police est fourni. Il est donc utile de vérifier les détails dans vos garanties pour savoir si ce type de sinistre entraîne une franchise systématique, ou si des cas d’exonération existent.

Troisième cas : bris de glace – une franchise parfois allégée

Un impact sur le pare-brise, une glace latérale brisée après un choc ou même une tentative de vol… Les sinistres liés au bris de glace sont parmi les plus fréquents en assurance auto. Et dans la majorité des cas, ils déclenchent l’application d’une franchise spécifique.

Généralement forfaitaire et précisée dans le contrat, cette franchise varie selon l’assureur, mais elle est souvent inférieure à celle prévue en cas d’accident responsable. Bonne nouvelle : certaines compagnies proposent des options sans franchise pour le bris de glace, ce qui peut s’avérer avantageux si vous roulez souvent sur autoroute ou en zones à risque (chantiers, parkings publics…).

Attention toutefois : un simple remplacement de pare-brise peut coûter plusieurs centaines d’euros. Mieux vaut donc vérifier si votre contrat prévoit le remplacement à neuf, une réparation (moins chère) ou un plafond de remboursement.

Assurance auto et franchise

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Quatrième cas : vol de véhicule – sinistre lourd, mais franchise présente

Le vol de voiture est l’un des sinistres les plus redoutés par les automobilistes… et à juste titre. En cas de disparition totale du véhicule ou de tentative de vol ayant causé des dégâts importants, la garantie vol – si elle est incluse dans votre contrat – peut permettre une indemnisation. Toutefois, cette prise en charge n’est pas intégrale : une franchise s’applique presque systématiquement.

Le montant de cette franchise peut être fixe ou proportionnel à la valeur du véhicule, selon les conditions du contrat. Il peut donc représenter une somme significative, surtout si la voiture est récente ou haut de gamme.

Autre point à connaître : l’assurance exigera souvent des preuves que les mesures de sécurité étaient bien respectées (véhicule fermé, clés non laissées à bord, alarme activée si exigée, etc.). En cas de négligence avérée, l’indemnisation peut être réduite, voire refusée.

Enfin, certains assureurs proposent des formules avec rachat de franchise pour le vol, ou des plafonds de remboursement majorés si le véhicule est bien sécurisé (géolocalisation, gravage, etc.).

Cinquième cas : catastrophes naturelles – une franchise imposée par la loi

Votre véhicule a été inondé après un orage violent, ou endommagé par la chute de branches lors d’une tempête classée catastrophe naturelle ? Dans ces cas précis, l’indemnisation est encadrée par la loi… et une franchise est obligatoire.

Contrairement aux autres types de sinistres, la franchise en cas de catastrophe naturelle n’est pas fixée par l’assureur, mais par l’État. Selon service-public.fr, son montant s’élève actuellement à 380 € pour les dommages aux véhicules. Ce montant s’applique quelle que soit votre formule d’assurance, dès lors que la garantie « catastrophes naturelles » est incluse dans votre contrat (souvent présente dans les formules tous risques).

Pour que l’indemnisation soit déclenchée, un arrêté ministériel doit reconnaître l’état de catastrophe naturelle dans la commune concernée. Sans cela, même en cas de dommages manifestes, l’assurance ne pourra pas intervenir.

Sixième cas : accident avec un tiers non assuré – attention à votre couverture

Être victime d’un accident causé par un conducteur non assuré ou en délit de fuite est une situation malheureusement plus courante qu’on ne le pense. Et les conséquences peuvent être lourdes, notamment si vous n’êtes pas suffisamment couvert.

Dans ce cas de figure, c’est généralement le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) qui intervient pour indemniser les victimes, à condition que l’auteur du sinistre soit inconnu ou insolvable. Mais cette procédure peut être longue, et elle ne couvre pas toujours l’intégralité des dommages, notamment matériels.

Si vous êtes bien assuré (tous risques ou avec une garantie conducteur étendue), votre propre assureur peut prendre en charge les réparations et les soins éventuels. Toutefois, une franchise peut encore s’appliquer, selon les conditions de votre contrat.

À propos de l'auteur

Frédérique

Rédactrice web depuis plusieurs années, je suis fortement intéressée par le domaine de la finance et de la banque. Sujet aussi vaste que passionnant, il me semble essentiel que les gens puissent être informés de leurs droits dans ce domaine.