Le PEA est souvent associé aux ETF MSCI World ou S&P 500, qui servent de socle à un portefeuille diversifié. Il accueille pourtant aussi des ETF sectoriels, qui permettent de miser sur la santé, les banques, la technologie ou des thématiques comme l’eau et le luxe, tout en conservant la fiscalité avantageuse de l’enveloppe. Encore faut-il savoir lesquels sont réellement éligibles, ce qu’ils coûtent et quelle place leur donner.

Comment un ETF sectoriel devient éligible au PEA

Un ETF peut entrer dans un PEA s’il est investi pour l’essentiel en actions européennes, ou s’il reproduit un autre indice grâce à la réplication synthétique. Dans ce second cas, le fonds détient un panier d’actions européennes conforme au seuil réglementaire de 75 % et échange sa performance contre celle de l’indice visé au moyen d’un contrat de swap.

Ce mécanisme compte beaucoup pour les secteurs. Les indices européens larges comme le STOXX Europe 600 contiennent une part importante d’actions britanniques et suisses, qui pèsent 37,8 % de l’indice et sont situées hors de l’Espace économique européen. Une version physique de ces ETF ne peut donc pas être logée dans le PEA, alors qu’une version synthétique le peut. C’est précisément le cas de la gamme sectorielle STOXX Europe 600 d’Amundi.

Notre sélection d’ETF sectoriels éligibles

Les fonds ci-dessous figurent parmi les plus suivis par les épargnants français. Les frais indiqués sont les frais courants annuels (TER), déjà déduits de la performance.

ETF ISIN Secteur Frais annuels
Amundi STOXX Europe 600 Healthcare Acc LU1834986900 Santé européenne 0,30 %
Amundi STOXX Europe 600 Banks Acc LU1834983477 Banques européennes 0,30 %
Amundi STOXX Europe 600 Technology LU1834988518 Technologie européenne 0,30 %
Amundi PEA Eau MSCI Water FR0011882364 Gestion de l’eau (monde) 0,60 %
Amundi PEA Luxe Monde FR001400S9V0 Luxe (monde) voir DIC du fonds

Données de frais issues de justETF et d’Avenue des Investisseurs, septembre 2026. Vérifiez toujours la disponibilité du fonds chez votre courtier avant d’investir.

La santé, un secteur défensif

L’ETF santé d’Amundi est le moins cher et le plus important de ceux qui suivent l’indice STOXX Europe 600 Health Care, avec environ 829 millions d’euros d’encours et une existence depuis 2006. Laboratoires pharmaceutiques et fabricants de dispositifs médicaux y dominent. Leur activité dépend peu de la conjoncture, ce qui en fait un secteur apprécié pour amortir les phases de repli. Une version distribuant ses dividendes existe également, mais elle est bien plus petite.

Les banques, un pari cyclique

Avec plus de 3,4 milliards d’euros sous gestion, l’ETF banques européennes est l’un des plus liquides de la gamme. Le secteur profite des périodes de taux élevés, qui améliorent les marges d’intérêt, mais il souffre nettement en cas de crise financière ou de récession. C’est une ligne à réserver aux investisseurs qui acceptent de fortes variations.

La technologie européenne, à distinguer du Nasdaq

L’ETF technologie suit les valeurs tech du Vieux Continent, où les fabricants de semi-conducteurs et les éditeurs de logiciels professionnels pèsent lourd. L’exposition est très différente de celle d’un ETF Nasdaq-100 éligible au PEA, largement tourné vers les géants américains. Les deux peuvent se compléter, mais ils ne se remplacent pas.

L’eau et le luxe, deux thématiques mondiales

Les ETF Amundi PEA Eau et PEA Luxe Monde utilisent la réplication synthétique pour offrir une exposition internationale. L’eau répond à une logique de long terme (infrastructures, traitement, distribution), mais ses frais de 0,60 % sont deux fois plus élevés que ceux de la gamme STOXX, et l’écart de suivi par rapport à l’indice y est jugé notable. Le luxe, plus récent, concentre quelques grandes maisons, ce qui accroît le risque.

Quelle place leur donner dans un PEA ?

Un ETF sectoriel n’a pas vocation à constituer le cœur d’un portefeuille. Il sert à surpondérer un segment de marché auquel vous croyez, en complément d’un ETF monde ou Europe. Plusieurs spécialistes recommandent de limiter les ETF sectoriels à 10 à 15 % du portefeuille, une règle de prudence raisonnable pour un investisseur particulier.

Avant d’arrêter votre choix d’ETF, regardez les frais, l’encours (un fonds trop petit risque d’être fermé), l’écart de suivi et le mode de gestion des dividendes. Sur la durée, ces critères pèsent autant que le secteur retenu. Pour approfondir ces notions, vous pouvez retrouver de nombreux contenus sur les ETF et l’investissement en général sur le site Argent Conseil.

Ce que vous gagnez à passer par le PEA

L’intérêt de loger ces ETF dans un PEA reste fiscal. Après cinq ans de détention, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu et seuls les prélèvements sociaux s’appliquent, au taux de 18,6 %, contre un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026 sur un compte-titres ordinaire. Les arbitrages entre ETF à l’intérieur du plan ne déclenchent par ailleurs aucune imposition, ce qui facilite la rotation entre secteurs.

Questions fréquentes

Tous les ETF sectoriels sont-ils éligibles au PEA ?

Non. Seuls ceux qui respectent le seuil de 75 % d’actions européennes, directement ou via la réplication synthétique, peuvent y être logés. Les versions physiques d’indices incluant le Royaume-Uni ou la Suisse en sont exclues.

La réplication synthétique est-elle risquée ?

Elle expose à un risque de contrepartie sur le contrat de swap, encadré par la réglementation européenne des fonds UCITS. En pratique, ce risque est limité, mais il mérite d’être connu.

Faut-il choisir la version capitalisante ou distribuante ?

Dans un PEA, la version capitalisante est souvent plus simple : les dividendes sont réinvestis automatiquement et les encours sont généralement plus élevés.

Combien d’ETF sectoriels détenir ?

Un ou deux suffisent le plus souvent. Multiplier les secteurs finit par reconstituer un indice large, avec des frais plus élevés.

À propos de l'auteur

Frédérique

Rédactrice web depuis plusieurs années, je suis fortement intéressée par le domaine de la finance et de la banque. Sujet aussi vaste que passionnant, il me semble essentiel que les gens puissent être informés de leurs droits dans ce domaine.