NB.: la procédure ci-dessous est valable non seulement en cas de perte
d'emploi mais aussi pour tous les cas où l'emprunteur subit à
titre temporaire une diminution de ses ressources ou une aggravation de ses
charges.
Contre lexclusion sociale qui
menace les emprunteurs en difficulté.
Un imprimé édité à 15 000 exemplaires, avec le concours financier de la DCCRF.
Cette action met en oeuvre une campagne dinformation
et de prévention qui vise les emprunteurs qui perdent leur emploi...
Lun des moteurs de lexclusion sociale tient à
une trilogie funeste : perte demploi, diminution de ressources, difficultés
de remboursement.
Et TROP
SOUVENT, en matière de crédit immobilier, lon constate que laboutissement
en est la saisie du logement, les traites du prêt dacquisition nétant
plus payées.
Si, à une époque, les établissements de crédit faisaient
preuve de patience, cétait au prix de pénalités et dintérêts complémentaires
qui mettaient obstacle à toute possibilité dapurement réel.
De toute façon, aujourd'hui, nombre détablissements,
dès le 2éme ou 3éme mois dimpayés, nhésitent plus à prononcer la
"déchéance du terme" en exigeant lintégralité du capital prêté
et en enclenchant la procédure de saisie. Et cest ainsi qu'en une année,
la permanence juridique de lAssociation a enregistré un doublement des
appels téléphoniques concernant les saisies immobilières alors même que la vente
sur saisie laisse demeurer encore un reliquat sur le crédit non apuré.
En outre, la
dette, ne cesse de s'alourdir par les pénalités de retard.
Or ceci serait évité si l'emprunteur se prévalait de la protection
mise en place par le CODE de la Consommation au bénéfice
de ceux qui perdent leurs emplois et de tous ceux qui, plus généralement,
subissent une baisse majeure de revenus.
Car, en cas de perte d'emploi et plus généralement dans tous
les cas de baisse de revenus majeure, l'emprunteur peut bénéficier d'une suspension
de ses obligations de payer pour une période MAXI de 2 ans, avec dispense d'intérêts
s'il y a lieu.
C'est pourquoi l'AFUB met en oeuvre une campagne de prévention qui s'appuie notamment sur un dépliant diffusé GRATUITEMENT. Réalisé en partenariat avec la Fédération LEO LAGRANGE, la CGL et le SGL, ce programme est financé par l'AFUB en concours avec la DCCRF-Ile de France (Direction de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes).
En dépit de laccueil très favorable que réservent les tribunaux à laction
des emprunteurs en pareil cas, force est de déplorer que les établissements
de crédit ne prennent pas volontairement linitiative daccord avec
leurs clients pour reporter ou réechelonner le paiement des traites, ceci sans
surcoût. Or, trop souvent, la saisie ne constitue pas la solution puisqu'elle
ne permet pas le remboursement complet de la dette; et que demeure après la
vente un reliquat de crédit non apuré.
Seul le Crédit Immobilier de France a pris certaines initiatives en ce sens.
C'est pourquoi doit être cité aux banquiers français l'exemple
de leurs homologues anglais.
EN QUOI CONSISTE LA PROTECTION ?
Cette protection de la LOI vise les difficultés temporaires et conjoncturelles.
Elle ne doit pas être confondue avec la procédure de surendettement.
La protection concerne :
* les crédits à la consommation inférieurs
à 21 500 €;
* les crédits immobiliers.
Elle est ouverte lorsque les ressources sont réduites de
manière substantielle, notamment en cas de :
* cessation ou limitation d'activité;
* perte d'emploi;
* situation familiale perturbée (divorce,
décès,
).
Elle suppose que dans un temps relativement court, à savoir
2 années, l'emprunteur reviendra à meilleure fortune et pourra à nouveau, reprendre
les paiements.
En application de l'art L313-12 du CODE de la CONSOMMATION, l'emprunteur
peut demander :
* une diminution voire une suspension des échéances à payer, ceci pour durée MAXI de 2 ANNEES et s'il y a lieu,
* une dispense de payer les intérêts correspondant.
Les échéances
suspendues ou diminuées doivent être payées au plus tard dans les 24 mois suivant
la fin du contrat.
COMMENT
FAIRE VALOIR SES DROITS ?
La demande doit être présentée au Tribunal d'Instance,
ceci selon une procédure simple, rapide et selon le cas, gratuite ou peu coûteuse,
en ne nécessitant pas le recours à un avocat.
1 - si le montant TOTAL des échéances
concernées est INFERIEUR à 3 800 €, une simple déclaration au greffe suffit
pour saisir le Tribunal.
2 - si ce montant est SUPERIEUR à
3 800 € une assignation est indispensable avec intervention d'un huissier.
(coût : 70 € environ).
L'AFUB à cet égard, et pour faciliter la démarche, une brochure
est à votre disposition GRATUITEMENT contre une enveloppe timbrée à vos coordonnées
avec un mode d'emploi pour les modèles à envoyer au greffe ou la formule d'assignation.
ATTENTION : cette demande doit être
introduite avant que le prêteur ne fasse « déchéance du « terme » »
en réclamant l'intégralité du montant du crédit.
LES AUTRES PROCEDURES PROTECTRICES.
1- en cas d'endettement général :
La présente procédure de suspension en vu de rééchelonnement
ne doit pas être confondue avec la saisine de la Commission de Surendettement
à laquelle il convient de s'adresser lorsque l'endettement est général, tenant
éventuellement à la multiplication des emprunts contractés.
La commission procède alors à une tentative de règlement
amiable. Pour cela, il y a lieu de contacter la Banque de France du département
pour y retirer un dossier.
La Commission peut décider de tout ou partie des mesures suivantes :
. Rééchelonner
ou reporter le paiement des dettes, totalement ou partiellement
ceci pour une durée supplémentaire de 8 années voire de la moitié de la période
de l'emprunt restant à courir.
. Diminuer
le coût du crédit en ordonnant que les paiements s'imputeront
d'abord sur le capital, le taux d'intérêt ne pouvant être supérieur au taux
légal.
Notamment pour tenir compte de la responsabilité des établissements bancaires
en vérifiant que le prêt a été consenti avec le sérieux qu'imposent les usages
professionnels.
. Réduire
voire effacer les dettes, en suspendant tout ou partie pour TROIS
ANNEES, puis en les effacer au terme des 8 ans à venir si l'emprunteur
n'a pas de ressources ou de biens qui permettent de payer ce qu'il doit (insolvabilité).
Le Tribunal est alors appelé par la Commission à conférer force de jugement
aux mesures qu'elle recommande..
ATTENTION : ces procédures ne suspendent pas automatiquement
les poursuites judiciaires par les créanciers et seul le JEX peut en décider
par une mesure spécialement sollicitée auprès de la Commission.
2 - en cas de reliquat sur crédit
immobilier :
Si l'endettement tient d'un reliquat restant sur le crédit
immobilier à la suite de la vente du logement familial, la Commission peut en
outre réduire voire supprimer la dette due à l'établissement de crédit dès lors
que la somme réclamée est incompatible avec les ressources et charges du débiteur
(Code de la Consommation articles L.331-2, 331-5 et 331-7 4ème ).
ATTENTION : la demande de remise doit être introduite
dans les 2 MOIS du Commandement de payer ce reliquat.